Les peuples de GaïA Mohira (extrait Confinement).pdf

Aperçu texte
Chapitre 13: Paperboy
"Un journaliste, c'est un rocher."
Gary tenait cette affirmation de son mentor et en avait fait son
leitmotiv. La patience payait autant que le choix astucieux de ses
informateurs. D'après ces deux critères, Gary Ollier pouvait dire
qu'il avait réussi à gérer sa carrière professionnelle jusqu'à
aujourd'hui. En deux ans, il était parvenu à se faire connaître. Son
prochain objectif: publier un livre.
Bon nombre de journalistes avaient écrit sur des sujets d'Histoire
ou d'actualité pour lesquels ils se passionnaient. Gary avait songé
écrire un manuscrit sur l'accident du train nucléaire mais Henri
Perbet en avait déjà édité deux; et même si ceux-ci n’avaient pas
eu un grand succès du fait d’un manque de révélation sur les
motivations de l’auteur, le sujet était donc déjà traité. Gary n'avait
plus qu'à se consacrer à l'accident d'Iter. Être de nouveau
confronter à cet événement le contrariait. Cela faisait six ans... Six
ans qu'il devait la vie à Antoine… Six ans qu'il le haïssait aussi.
Il était presque minuit et Gary commençait à somnoler. Il
attendait son contact depuis un quart d'heure. Sa voiture, une
"Kelvin N3", était confortable; trop certaines fois: il s'était
endormi dedans à diverses reprises. Le Nucléode permettait de
faire fonctionner la climatisation ou le radiateur de l'habitable sans
être obligé de rouler. La durée d'utilisation à pleine puissance de la
batterie était évaluée à cent cinquante ans. Autant dire qu'elle était
inépuisable. Le temps dirait aux ingénieurs si leurs calculs étaient
justes.
Pour se maintenir éveillé, Gary consulta ses messages
électroniques. Mohira Pichon ne l'avait pas encore contacté. Cela
ne faisait que quelques heures qu'il avait laissé sa carte de visite
sur la porte de l'appartement de la jeune femme. Gary n'aimait pas
voir une porte rester fermer. Ce n'était cependant pas cela qui allait
l'arrêter. Son téléphone émit un bip.