Les peuples de GaïA Mohira (extrait Confinement).pdf

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l’endroit où une branche basse d’un arbre coupait le passage du
sentier. Le conifère semblait vouloir empêcher les promeneurs
d'aller plus loin. Mais la branche était tellement basse qu’il
suffisait de l’enjamber. Mohira s’y assit en attendant que Julian et
Ivanov la rejoignent. Ce dernier avait un peu de mal à avancer sur
ce sentier pierreux; la faute à ses chaussures de ville.
Dès qu'ils l'eurent rejoint, Mohira les prévint que le sentier
montait encore et que sa largeur allait en diminuant. Elle leur
conseilla donc de bien rester sur la gauche du chemin pour éviter
de redescendre le massif de façon rapide et brutale. Les deux
hommes appliquèrent son conseil bien volontiers. La vue à cet
endroit était magnifique quand il n'y avait pas de brume. Mohira
pouvait cependant y percevoir des bouts de ciel bleu: ils allaient
sortir du brouillard en arrivant sur la crête. La jeune femme
regarda une fois encore son téléphone portable. Le réseau passait
faiblement; mais il passait!
Cette randonnée était une bonne chose: elle éloignait les trois
jeunes gens de l’appartement de Mohira dans lequel ils auraient
tourné en rond en attendant l’appel de Pablo. Elle leur faisait donc
changer d'air. Si ils devaient passer les prochaines semaines à
étudier les données du projet EchoNet, autant s'oxygéner l'esprit
tant qu'ils le pouvaient!
La dernière partie de l'ascension s'était avérée, comme l'avait
prévue Mohira, glissante. Le chaos de pierres phonolitiques était
le passage le plus redoutable de l’ascension. Avec le temps et ses
nombreuses excursions, Mohira y avait trouvé un itinéraire plus
praticable. Cela n’empêcha pas Ivanov de glisser à deux reprises.
La main de Julian vint à sa rescousse à chaque fois. Un quart
d'heure plus tard, le petit groupe contemplait avec satisfaction les
tables d'orientation et le paysage: une mer de nuages à perte de
vue. Des pointes du paysage apparaissaient ça et là. Les deux
hommes étaient ébahis par la vue. Les Alpes étaient visibles au
loin. C'était chose rare pour la saison et cela rendait le panorama