Les peuples de GaïA Mohira (extrait Confinement).pdf

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peu entre le cinquième et sixième verre. Le décalage horaire...
- Mais bien sûr! m'parles d'un Russe! s'amusa Julian.
- Bon, les garçons, rappela Mohira depuis la cuisine, apportez vos
sacs à dos que je ne me traîne pas tout toute seule. Ivanov, tu
prends la boisson. Julian, la nourriture.
- Et toi? questionna Ivanov.
- Je prends le volant, c'est plus sûr!
Une heure après leur départ, Mohira coupa le moteur de la Fiat
127. Il devait être entre sept heures trente et huit heures.
- Tout le monde descend... Et se réveille au passage!
Ivanov s'était effectivement assoupi sur la banquette arrière,
laissant à Julian le siège passager afin qu’il puisse passer la tête
par la fenêtre en cas de besoin. Cette précaution avait été inutile;
le Québécois s'étirait déjà hors de la voiture comme si son état
d'ivresse datait de plusieurs jours.
Ivanov fit basculer le siège passager pour pouvoir sortir du
véhicule, se cogna la tête et, après avoir refermé la porte, vint faire
quelques étirements aux côtés de son ami. Non loin d'eux, un
chemin quittait l'aire de stationnement et se perdait dans un virage.
La verdure empêchait de voir plus loin.
Mohira redistribua les sacs à dos, ferma sa voiture à clé et, suivi
des deux hommes, s'élança sur le sentier.
Trois mois s'étaient écoulés depuis sa dernière randonnée en ce
lieu. Le mauvais temps avait mis fin à sa période de balade mais la
météo du jour semblait être de leur côté: le ciel était resté couvert
toute la nuit. Le chemin était détrempé mais pas gelé. L'ascension
finale serait glissante mais pas dangereuse.
Après avoir suivi le chemin durant cinq minutes, les trois jeunes
gens purent admirer le menhir de Chièze, monolithe planté dans le
sol et haut de presque trois mètres. Il était un premier point d'arrêt
pour la plupart des randonneurs découvrant cet itinéraire. Mohira
laissa Julian et Ivanov s'en amuser quelques instants avant de leur
indiquer qu'en regardant au nord-est, ils verraient leur destination.