Les peuples de GaïA Mohira (extrait Confinement).pdf

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Chapitre 1: Le chemin
L'odeur de l'encens embaumait la pièce dans laquelle était assise
Mohira. Elle repéra le bâton se consumant lentement sur une des
étagères meublant le cabinet de consultation sans toutefois arriver
à en déterminer la senteur. Entre deux rayonnages était punaisé un
éphéméride: Jeudi 13 Décembre 2040, rappelant ainsi à la jeune
femme l'approche des fêtes de fin d'année. Des livres étaient
entassés sur le bureau face à elle mais Mohira était par dessus tout
attirée par la petite pierre posée au bord du meuble. Elle était
marron avec une bande aux reflets plus clairs.
- C'est un œil de tigre.
Mohira leva les yeux sur la voyante se tenant de l'autre côté du
bureau et rit intérieurement. Quelques instants plus tôt, lorsqu'elle
s'était présentée à l'entrée de ce cabinet, une part d'elle-même
s'était préparée à être reçue par une dame aux cheveux longs, un
foulard sur la tête, parée de colliers de perles et de bagues plus
grosses que des œufs. Il n'en était rien. Mohira s'était retrouvée
face à Marie Olivier, voyante de profession, madame tout le
monde le reste du temps. "Les préjugés ont la vie dure". La femme
devant elle devait approcher de la cinquantaine mais dégageait
encore le tonus d'une étudiante. Marie avait certes les cheveux
longs châtain clair mais ils étaient ramenés en un chignon vite fait.
Une mèche pendait d'ailleurs à son front, détail prouvant que la
coiffure avait plus un attribut pratique qu'esthétique. Ses yeux
verts ne perdaient pas une miette des moindres gestes de Mohira.
Vêtue d'une chemise blanche, d'un jean et pieds nus, Marie
n'envoyait pas une image professionnelle très positive mais
instinctivement, Mohira lui fit confiance. L'impression de se voir
avec vingt ans de plus, en excluant le fait qu'elle avait pour sa part
les yeux marrons, n'y était peut-être pas étranger.
- Désolé pour le désordre, mademoiselle Pichon, j'ai dû faire des
heures supplémentaires pour une cliente, s'excusa Marie en
enlevant la pile de livres pour la poser derrière elle avec d'autres.
Mohira regarda de nouveau l’œil de tigre.