Les peuples de GaïA Mohira (extrait Confinement).pdf

Aperçu texte
Chapitre 5: Professeur
- Ne dis pas n'importe quoi! s'emporta Mohira. On ne sait pas ce
qu'est cette chose.
- Qu'est que tu veux que ce soit? ça se balade à moins sept cent
kilomètres au dessous de nos pieds entre et dans les manteaux
inférieur et supérieur. J’suis moins diplômé que toi mais j'ai quand
même des connaissances. Rien n'est censé vivre là dessous.
Julian croisa les bras en s'appuyant contre l'évier. Mohira prit la
même posture contre la table sur laquelle l'ordinateur et les deux
disques durs d'EchoNet ronronnaient paisiblement en attendant
qu'on les utilise. La carrure de la biologiste française était bien
moins imposante que celle de l'informaticien québécois mais le
regard combatif de la jeune femme comblait largement cette
différence. Ils étaient à force égale. Le professeur Pichon n'allait
rien céder.
- Je comprends tes déductions mais je les trouve hâtives. Va dire à
la direction d'EchoNet qu'on a trouvé une divinité et tu peux être
sûr qu'ils nous reprendront le matériel dans la seconde, nous
traiteront d'illuminés et nous mettront à la porte du projet.
- Le projet est mort, Mohira. Nous sommes les derniers. Si nous
voulons travailler sur ces données et celles des autres zones, nous
devons les convaincre de nous donner un sursis afin de monter un
dossier, étayer nos arguments, valider mon logiciel de conversion
des données en vidéo, solidifier nos preuves. Et pour cela, nous
devons intriguer le conseil.
- Tu crois qu'en leur annonçant qu'une divinité dort sous nos pieds,
ils mettront à notre disposition tous les disques durs récupérés?
- Presque. Ils auront juste à nous donner libre accès aux serveurs
des sauvegardes.
- De quoi tu parles?
Julian sourit.
- Dîtes moi, professeur Pichon, que savez-vous d'EchoNet?
"Professeur... Encore." Cela faisait longtemps qu'on ne l'avait
appelé ainsi. En fait, depuis la fin de ses études en biologie et en