Les peuples de GaïA Mohira (extrait Confinement).pdf


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que vous ne pouvez pas atteindre votre destination. La vie n'est
qu'un voyage plus long.
***
Mohira referma la porte d'entrée de son appartement. Elle palpa
le mur à la recherche de l'interrupteur du plafonnier. L'ampoule
diffusa faiblement sa lumière. Il faudrait deux minutes avant d'y
voir correctement. C'était là le gros inconvénient des ampoules
économiques. Les " Speed Eco Light" coûtaient quatre fois plus
cher juste pour éclairer correctement dès l'allumage. A ce tarif là,
Mohira préférait prendre son temps pour passer de l'ombre à la
lumière. Elle posa sa veste d'hiver sur le canapé et fila dans la
cuisine avec son sac à dos. Un coup d’œil sur l'horloge rétro
éclairée l'informa de l'heure: dix neuf heures vingt sept. Après son
passage chez la voyante, elle s'était perdue dans les allées du méga
centre commercial du coin. La cacophonie y régnant l'avait aidée à
ne pas repenser à la consultation et les gens s'entassant près des
zones de paiement la faisait rire intérieurement. Les "rapidmarket"
étaient largement suffisantes pour ses courses: dix articles
maximum rangés séparément dans les casiers d'un panier en
plastique translucide, scannés dans le tunnel de flashage et payés
par empreinte digitale. Mohira n'avait pas fait de folies dans ses
achats. Période de fêtes ou pas, sa paie restait la même donc
aucune raison de dépenser plus. Elle trouverait un cadeau pour sa
mère sur le Net. Elle ouvrit le réfrigérateur et y entreposa les
quelques denrées qu'elle avait achetées. Son sac à dos lui
paraissait bien plus pratique que les sacs bio-plastique dans les
transports en commun, les "tudip" comme on les appelait depuis
des décennies dans la ville du Puy en Velay. Elle aurait pu prendre
sa voiture mais elle appréciait quand même la facilité que lui
procuraient les bus lors des heures de pointe.
Quant au fait de devoir rester debout par manque de places
assises lors de ces trajets, cela ne lui posait aucun souci. Mohira