Les peuples de GaïA Mohira (extrait Confinement).pdf

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Chapitre 4: Les catapultes
La route défila devant les yeux de Mohira sans qu'elle y fasse
vraiment attention. Une fois les villes de Saint-Étienne et de
Firminy dépassées, la circulation était moins importante. Les
routes de la Haute-Loire offraient aux conducteurs une sérénité
alimentée par les paysages plus campagnards qu'autour de la
métropole stéphanoise. L'esprit de la jeune femme tentait
d'assimiler la nouvelle que venait de lui livrer Julian. Celui-ci
s'était également muré dans ses pensées. C'était la première fois
qu'il parlait de sa découverte. La connaître était une chose; en
parler en était une autre qui paraissait bien plus concrète, comme
un croyant mettant des mots sur sa foi, un patient mettant un nom
sur la maladie à combattre, un enfant exprimant ses rêves.
Nommer quelque chose pouvait la rendre plus grande, plus
vulnérable, plus tangible.
Mohira gara sa Fiat sur une des places libres de stationnement
réservées aux locataires du bâtiment. Julian avait commencé à
s'endormir alors qu'ils approchaient du Puy en Velay. "T'auras
qu'à faire une sieste, on discutera plus tard" lui proposa-t-elle en
coupant le contact. Julian Green accepta la proposition dans un
bâillement, ouvrit la portière, s'étira hors de la voiture et attrapa
ses sacs. Une fois le seuil de l'appartement de la jeune femme
franchi, il s'écroula sur le canapé et s'endormit presque
instantanément. Mohira le regarda quelques instants. Il paraissait
exténué. "Il était tellement en forme au stratoport."
Mohira partit se changer les idées tandis que Julian roupillait sur
son canapé. Elle délaissa sa voiture et alla à pieds. Elle marcha
pour éviter de trop réfléchir. Elle s’arrêta dans un fast food pour
acheter le repas du soir et continua sa marche. Elle ne rentra
qu'aux alentours de seize heures. Julian Green dormait toujours.
Elle profita de ce temps mort pour se détendre dans la salle de
bain. La douche fit couler sur elle toutes les réflexions que la